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Incidents de sécurité6 min de lecture

Faux antivirus (scareware) : reconnaître l'arnaque et réagir

"ALERTE ! Votre ordinateur est infecté par 47 virus !" avec compte à rebours et bips sonores : c'est une page web, pas un message de votre système. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, cette arnaque figure régulièrement parmi les premières menaces signalées par les particuliers en France.

Le signe qui ne trompe pas

Un vrai message de Windows Defender s'affiche uniquement dans le Centre de sécurité Windows — jamais dans une fenêtre de navigateur. Si l'alerte apparaît dans Chrome, Firefox ou Edge, c'est nécessairement un scareware, quelle que soit la marque imitée (Windows Defender, Norton, McAfee, Apple Security). Aucun éditeur sérieux, aucune banque, ni Microsoft, ni Apple ne vous contactera jamais spontanément pour vous demander d'appeler un numéro affiché dans une pop-up.

Ce que la mise en scène cherche à provoquer

Le scareware joue sur l'urgence et la peur : compte à rebours, menace de perte de données, ton alarmiste, parfois une voix synthétique et l'affichage de votre adresse IP réelle pour paraître crédible. L'objectif est de court-circuiter votre réflexion pour vous pousser à agir dans la panique — appeler un numéro, installer un logiciel, ou communiquer des informations sensibles.

La réaction immédiate

  1. Ne cliquez sur rien dans la fenêtre, pas même sur "Fermer" ou la croix — ces boutons peuvent être piégés pour déclencher un téléchargement.
  2. Fermez le navigateur par le Gestionnaire des tâches (Ctrl+Alt+Suppr sur Windows, Cmd+Option+Échap sur Mac) plutôt que de tenter une fermeture classique.
  3. Au redémarrage du navigateur, ne restaurez pas les onglets précédents — cela réafficherait la page piégée.
  4. Videz le cache du navigateur, puis vérifiez et supprimez toute extension inconnue installée récemment.

Dans l'immense majorité des cas, votre ordinateur n'a rien : tant que vous n'avez ni appelé, ni installé, ni communiqué d'information, rien de grave ne s'est produit. Une analyse antivirus complète (Windows Defender suffit) reste néanmoins la vérification de bon sens pour confirmer que rien n'a été installé pendant la manipulation.

Si vous êtes allé plus loin

Le scénario s'aggrave si vous avez appelé le numéro affiché, installé un logiciel à la demande du faux technicien, laissé quelqu'un prendre le contrôle de votre écran à distance, ou communiqué des identifiants ou un paiement. Dans ce cas, selon les recommandations officielles de Cybermalveillance.gouv.fr :

  • Désinstallez immédiatement tout logiciel de prise en main à distance et toute application suspecte installée pendant l'appel.
  • Changez tous vos mots de passe, en priorité ceux des comptes sensibles (email, banque).
  • Si vous avez communiqué un numéro de carte bancaire, faites opposition sans délai auprès de votre banque.
  • Si un paiement a déjà été débité, demandez son remboursement à votre banque en expliquant la situation — une copie de plainte peut être nécessaire pour instruire la demande.
  • Déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie, et signalez les faits à la plateforme du ministère de l'Intérieur dédiée à ce type d'arnaque.

Se protéger en amont

Une extension de blocage de publicités type uBlock Origin bloque la grande majorité des publicités malveillantes qui déclenchent ces alertes. Désactivez les notifications push des sites inconnus dans les paramètres du navigateur — elles sont souvent détournées pour diffuser de fausses alertes en dehors même de la navigation active. Enfin, une sauvegarde régulière de vos données limite l'impact psychologique de la menace (perte de fichiers) sur laquelle joue précisément ce type d'arnaque — voir notre guide sur la règle 3-2-1.

En cas de doute ou pour un accompagnement en France, la plateforme officielle Cybermalveillance.gouv.fr recense des professionnels de confiance et propose une assistance gratuite dédiée à ce type d'arnaque.